Des Hommes et un Marché
Nous allons voir dans cet article que la valorisation d’une entreprise dépend davantage des personnes qui la constituent et du marché dans lequel elle se trouve que des simples chiffres inscrits dans son Bilan.
Valoriser aussi pour gouverner
Valoriser une entreprise peut être nécessaire ou volontaire. Vous pouvez avoir besoin de cette information si vous cédez vos parts, augmentez votre capital ou si vous souhaitez simplement auditer votre patrimoine. La valorisation peut, de manière plus subtile , vous servir à piloter votre entreprise. Si vous savez ce qu’il faut faire pour augmenter sa valeur, vous pourrez concentrer vos décisions de patron dans le bon sens.
Dans cet article, nous avons voulu être très synthétique pour ne vous laisser que l’essentiel. Je vous invite à contacter notre cabinet au 03 20 15 14 14 pour une étude poussée.
Les trois grandes approches
La Valeur Liquidative ou Comptable
Principe : Nous allons lister tous les actifs (matériels ou immatériels) de la société, qu’ils soient au bilan ou non, et estimer leur valeur de marché.
Exemple : L’ensemble du matériel de l’entreprise vaut 600k€ sur le marché de l’occasion. La marque a été valorisée à 200k€. La clientèle (le fonds de commerce) 300k€.
Limites : N’a d’intérêt que quand la société arrête son activité. En effet, il est peu concevable de vendre les machines si l’entreprise continue à tourner.
Verdict : recalée
La méthode des Comparables
Principe : Nous allons prendre un échantillon d’entreprises dont la taille et l’activité sont proches de l’entreprise visée. Nous allons ensuite noter combien elles ont été cédées et en déduire des constantes.
Exemple : Une entreprise dans les télécommunications se revend un certain nombre de fois sont ARPU (Average Revenu per User – chiffre d’affaires moyen par utilisateur).
Limites : Il faut connaitre le montant des transactions effectuées. Cela marche très bien pour les entreprises cotées ou pour les commerces, mais cela ne peut s’appliquer aux PME.
Verdict : recalée
L’approche des revenus futurs ou le potentiel de la société
Principe : Quand on achète une entreprise, on achète son potentiel. C’est d’ailleurs ce qui fait frémir les marchés boursiers tous les jours.
Exemple : J’ai deux entreprises avec les mêmes bilans. L’une est sur un marché porteur (produits de luxe) et l’autre non (développement de photos argentiques). La première vaudra évidemment plus cher que la seconde.
Limites : Il s’agit de faire de la prospective et d’imaginer le futur de la société. C’est là que nous apportons notre savoir-faire et notre valeur ajoutée.
Verdict : méthode retenue !
Détails sur la méthode retenue : les Revenus Futurs
La théorie
On appelle aussi cette approche la méthode DCF (Discounted Cash Flow).
Il s’agit de prévoir les flux de cash de la société et d’estimer le risque lié à l’entreprise. Ce risque a un coût : une entreprise du web aura bien plus de risque qu’une chaîne de boulangerie, pour prendre deux exemples extrêmes.
Nous allons faire la somme de tous les revenus futurs (cash flow) estimés auxquels on retire le « coût du risque » (discounted – actualisation).
Cela ressemble à un beau graphique comme celui-ci.
Malheureusement, tout cela reste bien complexe : nous avons deux gros points d’incertitudes qui sont pourtant les fondements du modèle :
- Le Business Plan
- Le risque attaché à l’entreprise
La pratique
En réalité, nous allons utiliser la « philosophie » de la méthode DCF avec une approche plus pragmatique, dont voici un schéma résumé.
Notre approche passe par une étude de cinq facteurs.
1 – L’existant
Le socle sur lequel repose notre valorisation est constitué du ou des derniers bilans.
2 – Les retraitements
Après un long échange avec le dirigeant, nous allons identifier les postes de charges qui sont « hors norme » pour les remettre aux niveaux communément admis (salaires du dirigeant en premier lieu).
3 – L’économie
Nous allons faire une étude approfondie du « business ».
Dans l’entreprise : ses forces et ses faiblesses.
Dans son marché : les opportunités et les menaces.
4 – Le repreneur
En fonction du type de repreneur, le potentiel de la société sera différent.
Un groupe pourra faire jouer des synergies commerciales et augmenter le chiffre d’affaires quasi mécaniquement et mettre en place des synergies de coûts en centralisant les services généraux par exemple.
Tout cela libérera davantage de « cash flow » et augmentera donc la valeur de la société.
5 – Les banques
Nous gardons toujours à l’esprit la contrainte bancaire, car un projet, si beau soit il, doit être finançable.
Le Prix
Enfin, il ne faut pas oublier que la valorisation n’est pas le prix : celui-ci est le fruit de la négociation, et ça… c’est notre métier.
Jean-Damien LOUISE
Consultant en Fusion-Acquisition chez Vimex à Lille
Diplômé d’HEC Paris


